22nd Oct2011

Champagne Le Gallais

Par Antoine Laurent

 

A tous ceux qui pensent qu’il n’y a que les grandes maisons de Champagne qui vaillent, laissez moi montrer d’un doigt joyeux l’étiquette trop discrète de cette propriété de Boursault, sur la rive est de la Marne (heureusement Hervé Le Gallais et sa fille Charlotte sont là pour attirer notre attention sur elle, voir photo).

Hervé Le Gallais et sa fille Charlotte ont tout l’arsenal classique de la Champagne à disposition: brut, rosé, millésimé. Des bulles bien faites, des vins équilibrés et plein de personnalité. Pourtant c’est une autre cuvée qui nous a tapé dans la papille: la Cuvée du Manoir Extra Brut.

Il s’agit du même assemblage que sur le Brut: 10% Chardonnay, 45% Pinot Noir et 45% Pinot Meunier et pourtant tout change. Pourquoi ? Car il est très peu dosé.

Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas encore les secrets de la façon d’un Champagne: il y a une étape dans le processus classique de création d’un Champagne qui consiste à ajouter une « dose » de liqueur. Mélange de sucre et de vin, cette dose joue un rôle déterminant dans le goût du produit final (plus de détails ici). Bien souvent, cela peut aussi  servir de cache-misère pour camoufler les défauts du raisin. Dans le cas d’un Champagne Extra Brut, on ajoute peu ou pas de sucre. On ne se cache pas, aucune triche n’est possible.

Cela donne quelquefois des vins très vifs, voire acides. Pas ici. Cette cuvée s’est reposée 5 ans en cave et cela se sent. Impossible d’ailleurs à l’aveugle de deviner l’absence de sucre. Cette flûte là vous offrira d’abord des arômes de fruits jaunes, tout en rondeur. Et quand on pense en un éclair s’être fait son idée, la finale vient vous détromper en sonnant la charge des agrumes. Et cette note de fraîcheur sait se faire apprécier dans toute sa longueur car elle vous restera en bouche longtemps, longtemps…

Ces atouts sauront se faire apprécier en apéritif bien sûr, mais aussi sur des fruits de mer ou un poisson. Et en dessert avec un moelleux au chocolat!

29€.

Plus d’informations sur http://www.champagnelegallais.com/

17th Oct2011

L’amour qui donne soif

Par Antoine Laurent

Un joli texte signé Bernadette Thumerelle fait la joie de l’internet oenophile depuis 2007. Déjà reçu par mail il y a quelques années, il m’est revenu comme un boomerang grâce à David Cobbold sur le très libre blog des 5 du vin.  Et vérification faite, même Bourgogne-Live s’en fait l’écho. Bref, c’était immanquable.

Je vous le retranscris en entier ici. Curieusement, c’est une histoire d’amour qui donne soif.

« Il m’est arrivé une histoire dont il faut que je vous donne, si je puis dire, « le Primeur » !

Cela s’est passé au bal de la Nuit St Georges. J’ai rencontré Syrah qui ne levait pas les yeux de cépages de lecture et sa cousine, la petite Juliénas, une fille vraiment Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, un grand cru classé, de la cuisse et une robe vermillon aux subtils arômes de cassis et de fraises des bois.

Nous avons dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et lorsque je lui ai proposé de l’emmener chais moi, dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage. Le temps de poser un Chablis de laine sur ses épaules, de nouer un petit Corton dans ses cheveux mousseux, et sans oublier son petit Barsac à main, elle est montée dans ma Banyuls en robe Fleurie.

Nous avons roulé toute la nuit en pleine Champagne au milieu d’immenses Chambertin de blé.

Au matin, nous étions trop fatigués pour hanter les trop nombreux Châteaux qui jalonnaient les routes empruntées au hasard ; Pétrus, Margaux, Mouton Rothschild, Latour, Lafitte Rothschild, Haut-Brion aux Frontonnais ornés d’anges Vougeot mais nous avons pu admirer des Beaujolais Moulin à vent qui, comme nous, avaient des ailes.

Ah, quelle belle journée ! Je Fitou pour lui faire plaisir. Nous avons joué à colin- Mayard dans les vignes de Châteauneuf-du-Pape. Nous avons roulé puis visité un Buzet. Nous sommes baladés Entre-deux-mers, nous avons Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l’eau Clairette, nous nous sommes Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey montait sérieusement et qu’elle commençait à avoir les Côte Rôtie, j’ai décidé de rentrer.

Mais voilà, nous nous sommes retrouvés coincés dans les bouchons. Alors je commençais à Minervois sérieusement ; et bientôt nous nous sommes crêpé le Chinon, Juliénas et moi ; nous voilà Brouilly !

C’est Cahors qu’elle a hurlé ; « je veux descendre ! » J’ai stoppé. Elle a claqué la Corbières de la Banyuls qui n’était pas une Cadillac et a disparu.

Elle s’est Sauvignon avant même que j’aie le temps de la Sauternes dans un doux Lirac aux draps de satin ! Est-ce cela, prendre un Rasteau ? Je me retrouve comme Macon, un Pommard, un Condrieu !

Pas de quoi Riesling, au contraire, je Vouvray pleurer. Mais je dois réagir, il faut savoir laisser son Bourgueil au vestiaire car Juliénas est la femme de ma vie. Je vous Jurançon, j’en suis Tokay, je l’ai dans le Pauillac. Ah ! Limoux, toujours Limoux !

Et Saint-Pourçain que j’ai couru dans Lalande, les Faugères et les Chardonnay, pour la retrouver mais Loupiac ! Pas de Juliènas !

J’étais triste et j’avais très soif ! Je rentrai dans un Cabernet de village et je bus Quatourze verres de grands crus classés.

J’étais saoul Graves mais je retrouvai enfin ma Banyuls ! Je m’affalai sur la Blanquette et je compris que même en Visan je ne pourrais reprendre la route.

Je dormis longtemps puis repris mes recherches. Je suivis le Bordeaux d’un canal puis me perdis dans un Arbois sombre et priai Saint-Joseph et Saint Esthèphe. Derrière un vieux Saumur de pierres j’entendis soudain le son Pétillant de Savoie. Je la retrouvais enfin !

Elle était là, devant moi, en Gros-plant : « Ah, ma Touraine, ne fais pas ta Pomerol, et ne t’en va plus Gamay, je ne le supporterai pas »

Elle est tombée dans mes bras en Madiran comme je n’avais jamais été admiré. « Ne m’en veux pas, dit-elle, je voulais juste obtenir la preuve que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre ! ». Depuis on ne sait plus cuités…et je de Vinsobres…

Mais permettez-nous, exceptionnellement, de lever un verre à votre santé ! »

 

Bernadette Thumerelle 2007

11th Oct2011

Château Devise d’Ardilley, le travail récompensé

Par Antoine Laurent


Le Château Devise d’Ardilley s’est distingué au mois de juin dernier en remportant la Coupe des Crus Bourgeois avec son millésime 2008.

Cela fait des années que nous travaillons avec Jacques Philippe qui, en plus d’être un homme charmant, a le bon goût de faire un vin excellent. Son millésime 2002 (illustrant cet article) nous a charmé par son élégance et sa finesse. Le tout au bon prix, puisque nous le proposons à 14,90€.

C’est donc avec une grande joie que nous nous associons au reste de la profession pour féliciter M. Philippe.

Plus d’informations ainsi qu’une video de la remise du prix et d’une interview du vainqueur sur le site du Point